La Milonga

Les origines mixtes de la milonga sont emblématiques de la genèse du tango.
Sur le plan rythmique, le tempo de marche est rapide (plus de 75 bpm) et les « contretemps » que l’on danse sont encore deux fois plus rapides. Concentrés sur l’immédiat, les danseurs sont souvent pris de vitesse dans les milongas rapides. Pourtant, comme le tango, la milonga est structurée en phrases musicales. Appréhender celles-ci permet d’anticiper et de savoir d’avance où marquer une pause ou une respiration.

Un peu d’histoire

Sur le plan rythmique, la milonga a une double filiation : la habanera cubaine et le candombe uruguayen. Elle tient de la musique hispanique le rythme pam, papam pam pam, papam pam pam…, et des tambours africains, émigrés en Uruguay, le rythme syncopé et chaloupé.

Le tango des origines (Vieille Garde) était doté de ce même rythme, mais ce n’était pas pour autant de la milonga. Firpo et d’autres (Villasboas) ont prolongé ce style au cours du XXè siècle.

La milonga telle que nous la dansons date du début des années 30 avec Milonga Sentimental. C’est la milonga « urbaine », par opposition avec la milonga « campera », ballade avec accompagnement de guitare, dont l’origine remonte aux « payadores » du XIXè siècle.

Rythme de la milonga

Division du temps « lente ». Pour écouter les phrases, on peut se caler sur un rythme « lent », deux fois plus lent que le temps de marche, qui correspond de fait à la durée de la mesure dans la partition. 4 temps rapides font une mesure et 4 mesures font une phrase ou un élément de phrase marqué par une ponctuation. L’écoute simultanée de cette pulsation lente et du rythme rapide est la clé d’une danse fluide et réactive.

Rythme caractéristique de la milonga. Subdivisant la mesure en 4 temps rapides, le rythme de base s’obtient en marquant les temps 1,3,4 (1-34) pam, pam pam pam, et en ajoutant un temps très rapide avant 3 : pam, papam pam pam (1-*34). Suivant les milongas, ce schéma se poursuit sur presque la totalité du morceau, il peut aussi s’interrompre (respiration) ou subir des variations syncopées. L’influence du candombe est toujours présente (Cacareando). Certaines milongas sont fortement colorées « candombe » (Papa Baltasar) et le rythme de base est moins distinct, au profit de nombreuses syncopes.

Ce rythme est parfois très marqué (Milonga criolla), souvent il est peu audible mais sous-jacent (Que tiempo aquel, à écouter avec un filtre passe-bas), il peut aussi être joué par la mélodie (Milonga de mis tiempos).

Certains musiciens jouent à omettre le temps 3, ce qui donne un rythme syncopé (1-*-4) (La vida es una milonga, Pedro Laurenz).

Ecoute choisie

Les origines, habanera : Carmen de Bizet

Les origines, candombe : Cuareim

Les origines, milonga « campera » : Milonga del Solitario

Les origines, tango : Venus, orchestre de Juan Maglio (1912)

Milonga Sentimental, orchestre de Francisco Canaro (1933)

Cacareando, orchestre Típica Victor (1933)

Papa Baltasar, orchestre d’Aníbal Troilo

Ecoute des phrases : Silueta Porteña, orchestre de Francisco Canaro

Ecoute des phrases : Mariana, orchestre de Ricardo Malerba

Ecoute des phrases : Estampa de varon, orchestre de Juan D’Arienzo

Ecoute du rythme de base : Milonga criolla, orchestre de Francisco Canaro

Ecoute du rythme de base : Que tiempo aquel, orchestre de Francisco Lomuto

La vida es una milonga, Pedro Laurenz